Viva la Vida
Partager📅 Année : 2012
Si le titre fait là aussi référence à la célèbre formule de Frida Kahlo, la pièce de Pierre Tré-Hardy prend la forme d'une évocation chorale ou d'un dialogue croisé d'une grande puissance poétique.
L'auteur y met en scène le crépuscule d'une artiste immense. Alitée, le corps brisé, Frida Kahlo dialogue avec la Mort (une figure très présente et presque familière dans la culture mexicaine). C'est un face-à-face à la fois tragique, charnel et profondément ironique. La pièce retrace par fragments les grands séismes de sa vie : la douleur physique omniprésente, sa peinture viscérale qu'elle refuse de voir qualifiée de surréaliste (« Je n'ai jamais peint de rêves, j'ai peint ma propre réalité »), et sa passion destructrice pour le peintre muraliste Diego Rivera.
La force de la lecture théâtralisée
Le texte de Tré-Hardy est particulièrement adapté à l'exercice de la lecture théâtralisée car il repose sur une langue très rythmée, lyrique et imagée.
Dans cette forme épurée (souvent de simples pupitres, des éclairages ambrés ou quelques notes de guitare), la lecture met en valeur la musicalité des mots de l'auteur et la ferveur mexicaine. Elle permet de faire ressentir au public toute la dualité de Frida : la fragilité d'un corps immobile face à la puissance d'un esprit indomptable, le tout porté par ce cri de ralliement face à l'agonie : Viva la Vida !
Auteur : Pierre Tré-Hardy
Avec : Jean-Claude Dreyfus, Sarah Vernette
Studio Raspail - Paris 14ème