Tedy
📅 Année : 2011
Inspirée d'un fait divers, la pièce se présente sous la forme d'un monologue confessionnel intense. L'action se déroule aux États-Unis, dans le couloir de la mort. Une heure seulement avant son exécution, Tedy, un tueur en série, livre ses derniers mots.
Face au public (qui prend la place d'un ultime témoin, d'un confesseur ou d'un juré invisible), il déroule le fil de son existence, la dureté de son parcours, la misère et la mécanique psychologique qui l'ont conduit à ses crimes. L'écriture de Bourdon est brute, sans concession, mais elle évite le piège du simple voyeurisme en interrogeant la part d'humanité — ou l'absence totale de celle-ci — qui subsiste chez un homme condamné à mort.
Après la création marquante par Roland Blanche en 1999, la pièce de Jean-Louis Bourdon a connu une deuxième vie majeure en septembre 2011, portée par Jean-Claude Dreyfus.
Voici comment s'est articulé ce projet :
La rencontre évidente entre l'acteur et le monstre
Le metteur en scène Patrice Bousquet (qui dirigeait le Théâtre de l'Orage) avait ce projet en tête depuis très longtemps. Pour lui, la puissance physique, la démesure et le "capital sympathie" naturel de Jean-Claude Dreyfus auprès du public en faisaient l'interprète idéal. Le but était de réussir un tour de force : incarner l'horreur absolue de ce tueur en série tout en faisant ressortir une émotion brute, presque magnétique, rendant le personnage étrangement fascinant.
Une dimension citoyenne
La version de 2011 jouée par Dreyfus a pris une résonance très forte et politique car elle a été coproduite par la Ligue des droits de l'homme.
Le monologue de Tedy, délivré une heure avant son exécution par injection létale ou sur la chaise électrique, est devenu à travers le jeu de Dreyfus un violent réquisitoire contre la peine de mort, la misère sociale, et le système carcéral américain. L'acteur, habitué aux rôles baroques et intenses, y alternait des moments de pure violence, d'humour noir tarantinesque et de profonde détresse psychologique.
C'est une pièce qui l'a marqué et qui reste une des performances théâtrales les plus sombres de sa riche carrière en solo.
Pièce en un acte de Jean-Louis Bourdon
Mise en scène : Patrice Bousquet
Avec Jean-Claude Dreyfus
Régie de Baptiste Ruault
Costumes d’Agnès Liotté, assistée de Lolita Le Bot.