Poèmes de Pier Paolo Pasolini
Partager📅 Année : 1996
Le comédien Jean-Claude DREYFUS lit deux poèmes de Pier Paolo PASOLINI : "La pastorale de Narcisse" et "Aube" extraits du recueil "Poèmes de jeunesse".
Cette lecture s'inscrit dans un cadre mémoriel et artistique très précis : Jean-Claude Dreyfus a enregistré et lu ces poèmes à l'occasion d'un événement hommage organisé à la Maison de l'Italie (située au cœur de la Cité Internationale Universitaire de Paris).
Ce projet a été conçu sous la direction artistique de Simon Basinger, qui a réuni autour de la figure de Pasolini des universitaires, des traducteurs et des artistes pour faire résonner la langue frioulane et française.
Dans ce cadre, la lecture de Jean-Claude Dreyfus a été pensée de deux manières :
Une restitution sonore / installation : Sa lecture a fait l'objet d'un enregistrement studio diffusé lors de l'événement (ce qui correspond aux mentions de "voix parlée" et de "documents sonores" que l'on retrouve souvent dans les programmes de Simon Basinger).
Une performance sur scène : Le comédien est également venu interpréter ces textes en direct dans le Grand Auditorium de la Maison de l'Italie, offrant au public un moment suspendu où la force de sa voix habitait l'espace, face aux étudiants et aux passionnés de culture italienne.
« La pastorale de Narcisse » (La pastorale di Narciso)
C'est un des poèmes les plus emblématiques du jeune Pasolini, qui s'identifie fortement au mythe de Narcisse.
Le thème : Pasolini y décrit un jeune homme suspendu au-dessus des eaux claires d'un ruisseau frioulan, fasciné et terrifié par son propre reflet.
L'ambiance : C'est une œuvre très mélancolique et pastorale. L'eau y est à la fois le miroir de la beauté innocente de la jeunesse et le symbole d'une mort prochaine. La voix de Dreyfus, souvent habituée aux éclats, trouve ici un registre de confidence intime, presque murmuré, pour traduire la fragilité de ce garçon qui se regarde mourir dans l'eau.
« Aube » (Alba)
Un poème court, fulgurant et très visuel.
Le thème : Il capture l'instant précis où la nuit s'efface sur la campagne du Frioul. Mais chez Pasolini, l'aube n'est pas seulement un moment de la journée, c'est l'éveil des sens, le retour à la solitude après les rêves de la nuit, et une lumière crue qui vient révéler la vérité des corps et de la terre.
L'impact : Le texte joue sur des contrastes de couleurs très vifs (le bleu de la nuit qui meurt, le blanc ou le rouge du jour qui se lève), offrant une partition très rythmée et imagée pour une lecture théâtralisée.