Bent
Partager📅 Année : 1981
Acte I :
Berlin, 1934. Max est un jeune homme juif, homosexuel, fêtard et opportuniste. Il vit au jour le jour dans l'effervescence décadente de la fin de la République de Weimar avec son compagnon, Rudy, un danseur tendre et naïf. Mais leur univers s'effondre brutalement lors de « la Nuit des Longs Couteaux » : le régime hitlérien décide d'épurer ses propres rangs (notamment Ernst Röhm) et de traquer impitoyablement les homosexuels.
Devenus des proies, Max et Rudy s'enfuient et se cachent dans les forêts allemandes. Traqués par la Gestapo, ils finissent par être capturés et jetés dans un train en route pour les camps de concentration. Pendant le voyage, l'horreur absolue frappe : Rudy est battu à mort sous les yeux de Max. Pour survivre, Max renie son identité et commet l'innommable en prouvant aux gardes qu'il n'est « pas des leurs ».
Acte II :
Le camp de Dachau. Grâce à son reniement et à d'infâmes compromissions, Max réussit à obtenir le triangle jaune (réservé aux Juifs), qu'il estime « plus facile » à porter dans la hiérarchie de l'enfer concentrationnaire que le triangle rose (réservé aux homosexuels, considérés comme la lie du camp). Sa tâche quotidienne est d'une absurdité kafkaïenne : déplacer des blocs de pierre d'un point A à un point B, pour ensuite les ramener au point A, toute la journée, sous un soleil de plomb.
C'est là qu'il fait la connaissance d'Horst, un détenu politique qui porte fièrement son triangle rose. Malgré l'interdiction stricte de se parler, de se toucher ou de se regarder sous peine de mort, une relation d'amour d'une pureté absolue va naître entre les deux hommes. À travers des dialogues murmurés au garde-à-vous et une scène d'amour purement verbale et mentale restée célèbre dans l'histoire du théâtre, ils réinventent la dignité humaine au cœur de la barbarie.
Auteur : Martin Sherman
Adaptation : Léna Grinda
Mise en scène : Peter Chatel
Distribution :
Michel Carnoy (Officier SS)
Bruno Cremer (Max)
Jean-Claude Dreyfus (Greta)
Jacques Ebner (Officier SS)
Bertrand Hautot (Kapo)
Bernard Rousselle (Officier Gestapo)
Hervé de Ruggiero (Wolf, Le garde)
Didier Sauvegrain (Rudy)
Jean-Pierre Sentier (Horst)
Max Vialle (Freddie)
Scénographie : Philippe Kerbrat
Costumes : Philippe Kerbrat
Lumières : Patrice Trottier
Musique : Peer Raben
Collaboration artistique : Philippe Nahoun
Assistanat à la mise en scène : Bertrand Hautot