Les gens déraisonnables sont en voie de disparition
Partager📅 Année : 1978
L'histoire est celle de Hermann Quitt, un grand entrepreneur et homme d'affaires richissime. Quitt est un maître du capitalisme, un homme froid et rationnel qui passe ses journées à manipuler les marchés, à racheter des entreprises et à négocier des cartels avec ses concurrents.
Mais soudain, la machine se dérègle. Au sommet de sa puissance financière, Quitt est frappé par une crise intime brutale : il prend conscience du vide absolu de son existence et de la perte totale de son authenticité. Il réalise que ses sentiments, son langage, ses ambitions et ses rituels sociaux ne sont que des faux-semblants. Il est devenu un acteur de sa propre vie, un être totalement désincarné.
La réplique que vous citez résume magnifiquement le point de bascule de la pièce :
« ...il prend tout à coup conscience qu'il joue quelque chose qui n'existe pas et que “c'est ça la différence. C'est ça le désespoir”. »
À partir de cette prise de conscience, Quitt décide de devenir « déraisonnable ». Pour tenter de ressentir à nouveau quelque chose de vrai (quitte à ce que ce soit de la souffrance ou de la folie), il brise délibérément les règles du jeu économique, trahit ses partenaires et pousse le système à bout, s'engageant sur la voie d'une autodestruction inéluctable.
Auteur : Peter Handke
Mise en scène : Claude Régy
Interprétation :
Jean-Luc Bideau
Claude Degliame
Gérard Depardieu
Jean-Claude Dreyfus
Andréa Ferréol
Patrice Kerbrat
Daniel Olbrychski
Wojtek Pszoniak
Scénographie : Jean-Paul Chambas
Musique : Carlos d'Alessio